Compte rendu de lecture n°1 (chap 3)

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Chapitre 3 : Freud

Avec ce deuxième jalon de son histoire du théâtre, marqué par le texte « Personnages psychopathiques à la scène », l’auteur analyse plus précisément l’évolution du concept d’identification au début du 20e siècle. Au sein du système freudien, deux tendances sont possibles : l’identification hystérique (caractérisée par un penchant naturel, une aptitude à imiter), qui à la rigueur, nous dit Guénoun, pourrait être à l’œuvre dans le processus d’identification de l’acteur au personnage (2), et l’identification narcissique, qui elle s’applique au spectateur dont nous avons vu qu’il s’était trouvé également dissocié entre une instance imaginaire et son instance effective, concrète, individuelle.

 

C’est ce 3e clivage qui permet de formuler le schéma complet du processus d’identification (p. 95) :

                                   EFFECTIF                                 IMAGINAIRE

 


                                   Acteur

Personnage

 

 

                                                                                  Le spectateur

                                   Public
                        (les spectateurs)                                              

             

C’est à ce moment que s’énoncent les théories de l’acteur (Stanislavski), jusqu’à Sartre qui accentue ce triomphe de l’imaginaire sur le réel : « ce n’est pas le personnage qui se réalise dans l’acteur, c’est l’acteur qui s’irréalise dans son personnage » (cit. Sartre p. 101). C’est également le moment où la nécessité du théâtre se trouve reformulée pour le spectateur comme nécessité/besoin de se « projeter » (au sens psychanalytique du terme) dans un moi idéal (compensatoire, dédommagement des frustrations vécues dans la vie réelle d’un spectateur en particulier ) avec comme condition de production de cette opération d’identification du spectateur au personnage l’identification de chaque spectateur particulier au spectateur imaginaire, en lequel s’opère l’identification de l’un aux autres membres du public. « l’identification au héros est toujours portée par celle, plus profonde, des spectateurs entre eux […] parce qu’il faut être plusieurs pour s’identifier les uns aux autres » (p. 95). Cela revient à dire, nous semble t-il, que si l’altérité est la condition nécessaire de l’identification (cf. supra, on ne s’identifie qu’à ce qui est distinct de soi), c’est bien une pluralité qui pourvoit à cette condition d’altérité dans le cas de l’identification d’un individu, au sein du public, à l’entité le spectateur (3).

 

 

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Publié dans Des livres à lire

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