Les jours inverses n°45 à 55

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45.

La confiance est un péché mortel

Que voient-ils le matin dans leurs miroirs multiples

Sous quelles étoffes dissimuler leurs mains

Comment ne pas souhaiter gifler leurs sourires vacants ?

Ne sachant plus que faire, que dire, parmi ces ignorants

Qu'au nom d'homme le respect se doit

Dans un monde trop laid, si froid, si creux,

Je ne dirige rien que le désarroi

Sur des chemins sans suite, sans but ni fin.

Les trente ans d'âge, de liberté conquise,

Ne sont qu'un leurre, l'ombre de la proie

Si convoitée que son absence déchire.

 

46.

De pied ferme et le tête molle

Les mains creuses et le regard vomi

Un prurit de mots rares en ma bouche aboli

Philantropia frappe à la geôle

De nos cœurs compromis.

Papelardes envies de gloires inutiles

La tendresse s'érode au gueuloir d‘écriture,

L'amitié s'humilie pour une forfaiture

Et l'ami simplement s'avéra versatile

Révélant son ordure.

Le suc de ces idées empourissait les yeux

Altérant l'harmonie de la voix intérieure

Dissonance cruelle appelée de nos vœux

Quand le serment fut fait de voler le bonheur

Quel qu'en fut le prix !


47.

J'étais au fond des yeux

Errais à fleur de peau

Naviguais en chansons

Nouais mon cœur à chaque mot

Livrais ma main à l'autre.

J'étais à fleur de moi

Errais au fond des eaux

Nouais mon cœur à des mirages

Naviguais en pleurant

Perdais ma foi par l'autre.

Surtout, pourtant, enfin

Qu'adviendra t-il de nous ?

Et alors, cependant

Que ma vie dévorante

Puisse blesser vos yeux !


48.

Aux clartés de mes nuits

En marchant dans ma tête

Pérégrinais la vie,

et ses embûches vénielles.

Lucidité d'esthète

Dévorant l'idéal

Et l'illusion réelle

Délecte dans régal

L'intègre résistance.


 

49.

Résister à une indicible tristesse,

Surmonter un immense désarroi,

Peupler la solitude,

Combattre le silence et l'ennui qu'engendrent les regards sur soi même

Ecrire est une nécessité

Un mal nécessaire contre un ennemi indéterminé.


 

50.

J'avais contre moi-même dressé des barricades

En mon for intérieur longuement retranchée

Etrangère, ennemie d'une vaine fratrie

Piétinant dans la boue le partage trahi

La tendresse humiliée, la confiance perdue

Un désert s'épandait sans espoir de retour.


 

 

51.

A la nuit tombante

D'un regard nucléaire

Boa Beauté Active

Débris Obstiné Astral

Fuyante cosmique perspective

De sourde étoile faufilante

Qu'adviendra t-il de nous ?

De débiles initiatives

Pour créer constrictors

Les poussières de nos vies

Déroulent l'univers

Dans l'enfer de nos cris.

 


52.

Le ciel nous écrasait de son ombre pesante

Le silence glacial avait gelé les mots

Le ciel scellait l'absence, et renfermait.

Mais les angles profonds

De la chambre intérieure

Aux murs de faux semblants

De parois en béton

Aux fenêtres d'espoir

Des montants en colère

Le bel enfermement

D'une vie en misère

Qui s'écroule et qui geint

Sous les rites anciens

D'une enfance perdue.

 


 

53 Maximes :

 

L'on meurt à soi même un peu plus chaque jour, en voulant naître aux autres ... qui vous assassinent.

 

Si l'amour vous dépasse, laissez le passer.


 

54.

A la minute carmin

La vie se démembrait

Gris sur gris

Et tes cris se noyaient

Avec un goût de cendre

Le dégoût de descendre

Des escaliers sans fond

L'oppression du silence

La saveur des insultes

Dédiées à ton miroir

Noir sur noir.

Tant de mots éructés

Pour des regards absents

L'obsession de ce temps

Qui va nous disséquer

Noir sur blanc

Buvez ceci est mon sang

Jeté à vos visages

Qu'il poisse dans vos mains

Ecœure vos narines

Empourpre vos consciences.

 


 

55.

Le papier confident des ébrèchements

Des zébrures ciselées et tranchantes

En mon âme et conscience.

La tiédeur de la page

Pareille à ma tendresse

Qui vole et qui s'égare

Au vent des confidences

Vaines et traîtresses.

Et la plume directe

Impuissante éperdument

Où mes dieux trop honnêtes

S'expriment par franchise

L'un après l'autre chaque mot

S'étale impunément :

Atteinte à la pudeur

Des conventions factices

Phrases subreptices

Cris d'amour illicites

Qui dégorgent ma vie

A l'égout de vos yeux.


 

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Publié dans Les jours inverses

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