Fleurs d'expérience n°11 à 20
11. Naissance
C'est un enfant de lune
Qui dessine mon toit,
Le génie des lagunes
Qui m'a menée vers toi.
La nuit s'étire entière
Sur l'océan d'amour
Et ses algues marines.
J'avais dans tes cheveux
Tressé les alentours.
J'étais au fond des yeux
Que tu donnais au monde.
Donne moi ton cœur
Je saurai le remplir
Tant de choses à donner
Et ma vie à te dire
Je t'écris mon secret
C'est celui du bonheur
Que j'ai trouvé caché
Au creux de tes deux mains.
12.
Le désir est un portail rouillé
Pendu au vent des jours
Un fer forgé tout déglingué
Qui bat d'un vieil amour
Quand le vent tiède le pousse.
Mon cœur a été pris à l'étau
Des heures qui s'écoulent
Il est encore trop tôt
Mais le désir me brûle
De passer le portail
Pour me rouler en terre
Au jardin de tes nuits
13.
Je crois que la vie s'est offerte enfin
Parle moi des jours d'été sans lendemain
Redonne moi encore la couleur des images
La saveur de nos mots, la douceur de nos mains
Tu ôtes de ma vie les terrifiants présages
Je ne veux rien qu'aimer, je ne veux plus paraître
S'ils veulent encore tuer, moi je ne peux plus qu'être
Comme la vie m'a versé son tribut de sanglots
J'ai besoin de tes mains autour de tous tes mots
Tu me les as données
Mais je les aurais prises
Pour trouver le chemin dans cette ville grise
Je sens battre deux cœurs dans le souffle de mon rire
Et c'est la promesse que je n'attendais plus
De pouvoir aimer l'avenir.
14. Je ris je nais je suis
J'ai remis au creux d'un regard clair
La confiance des plus beaux jours d'hier
J'ai vaincu par son nom une vie ennemie
J'ai chassé par sa force les pensées meurtries
C'est de toi qu'il s'agit
De notre amour aussi
Je veux te voir demain
Je veux te retrouver
A chaque instant suivant
Celui qui vient de s'écouler
Jour après jour ma main
Ne saurait t'oublier
L'éclat des jours n'est plus le même
La rue n'est plus en teintes blêmes
Elle expose à mes sens de nouveaux chatoiements
J'ai envie d'embrasser le monde
D'arrêter les passants
De crier à la ronde
Des slogans délirants
Je ris à pleines dents,
Je nais à pleine bouche,
Je suis.
J'ai goûté à tes lèvres
L'espace qui est le mien
J'ai déposé mes rêves
Qui rejoignent les tiens
Un frisson pour chaque geste
Le temps passe trop vite
Chaque fois qu'on se quitte
Il faudrait que tu restes
J'ai remis mon visage au creux de ton épaule
Mon front contre ta joue et nos peaux qui se frôlent
J'ai envie de danser
De chanter ma tendresse
De perdre mon passé
Dans ce présent d'ivresse
Je ris à pleines dents
Je nais à chaque instant
Je suis.
15.
La vie s'épanouit en florissantes gerbes
Autour de moi s'ordonne le ballet de nos vies
Je le trouve superbe.
Ce que j'aime dans ta vie
C'est la mienne
J'ai déposé dans l'écrin de ton regard
Mes confiances
J'ai soumis à ta voix
Mon espérance
Ce que j'aime dans ma vie
C'est la tienne
J'ai banni par ton rire
Les souffrances
J'ai conquis pas nos gestes
Les horizons d'une autre vie.
16. Je t'aime comme...
Comme une plante à son soleil
Et à la source en ses racines
Comme une fleur à son abeille
Et au regard qui la devine
Comme un doux chant à ma guitare
Et comme un rire à chaque rime
Comme un nuage à son soleil
Et au ciel qui s'empourpre
Comme un chaton qui se réveille.
17.
Je parlerai d'amour au couvert d'un ciel gris
encombré de nuages
Avec mes doigts gelés et mes lèvres meurtries
Effleurant ton visage
Je parlerai d'amour sans chanter davantage
les rengaines usées du temps qu'on a perdu
avant de nous connaître
Je parlerai d'amour comme on élève aux nues
Quelque divin secret arraché aux naufrages
Je parlerai d'amour ... ils oublieront notre âge.
Je donnerai à l'ombre d'une nuit parsemée
Mon désir à ton corps et ma vie pour te plaire
Ces liens que nous aurons, toi seul peux les défaire
J'ai les mains prises aux chaînes de notre déraison
Je t'aime trop déjà ... ne me fais pas souffrir
La liberté s'arrête avant la cruauté.
18.
Notre joie se prolonge dans les mornes sentiers :
Laisse donc en toi monter le chant d'été
La ville et ton regard contre ma joue, posés.
19. Ex
Au long des plages alanguies
Des vagues heurtant la nuit
Rythment le pas des couples attardés
Parlant d'amour... sans le penser.
Qu'avez-vous fait de vos promesses
Jeunes menteurs désabusés ?
Elles ont voulu de la tendresse
Ils ont voulu s'en amuser.
Au long des rues noires de poussières
Peux-tu marcher la tête fière
Sans rien lui dire, sans l'aider,
Sans rien voir, sans l'aimer ?
J'avais glissé ma jeune main
Contre la peau de son épaule
Je savourais un doux matin
A l'ombre tiède d'un parasol
Un peu d'écume sur ma joue
S'est écrasée contre la sienne
Il l'a séchée de son haleine
Je me suis pendue. A son cou.
J'aimais ses yeux, j'aimais son corps
Comme de me donner à la vague
Et quand la mer enfin s'élague
Lui revenir et l'embrasser encore.
J'aimais des cils où l'eau perlait
J'aimais du sable sur ses bras
J'aimais des lèvres dessinées
J'aimais son flanc, sa voix
Mais je ne l'aimais pas.
20.
Certains soirs, la vie ressemble à un fruit qui cache sous une enveloppe dorée, attirante et alléchante, un poison amer mortel et douloureux.